Museum week jour 1 #Coulisses

Découvrez comment organiser une "campagne photo" et concevoir une visite pour le jeune public

La « Museum week » ou « Semaine des musées » fête cette année sa 11e édition. Elle est née de la volonté de grands musées parisiens de mettre en valeur leurs collections et de toucher de nouveaux publics. Ainsi, chaque jour pendant une semaine, les musées du monde entier communiquent sur les réseaux sociaux autour d’un même mot-clé défini à l’avance.

Pour l’occasion, nous avons donné la parole à ceux qui connaissent le mieux les collections : les équipes des musées (musée des Années 30, musée Paul Landowski, musée Paul Belmondo) ! Conservateur du patrimoine, médiatrices, régisseur des collections, agents d’accueil … Ils vont se relayer toute la semaine pour vous raconter leur quotidien et l’histoire des œuvres qui les accompagnent. C’est parti ?

Aujourd’hui lundi, il s’agit du jour de fermeture des musées. Les équipes en profitent pour travailler en #Coulisses. Voici donc notre thème du jour ! Partons à la rencontre de Sandrine, chargée de la photothèque et de la communication des musées et Raoudha, médiatrice culturelle. 

Organiser des campagnes photographiques

Sandrine s’occupe de la communication institutionnelle des trois musées municipaux, notamment pour des évènements comme la Nuit des musées. Elle gère aussi la photothèque, c’est-à-dire toutes les photographies des œuvres utilisées pour illustrer des catalogues, des articles, ou bien pour alimenter le portail des collections. C’est une ressource très précieuse !

Sandrine organise des « campagnes photos » pour obtenir des clichés réalisés par un photographe professionnel spécialisé. Plusieurs mois à l’avance, elle dresse avec le service de la conservation la liste des œuvres à photographier, qui seront par exemple exposées ou prêtées prochainement. Sandrine cale ensuite le planning du photographe, réserve un espace et demande un devis. Durant la semaine de prise de vues, elle travaille avec la régie des collections pour que les œuvres soient apportées dans un ordre précis, en fonction des dimensions ou de leur technique. Elle valide directement les clichés ainsi que les angles choisis pour mettre en valeur les œuvres. Enfin, une fois les photographies reçues, les fichiers nommés correctement doivent être classés et sauvegardés pour être conservés sur le long terme.


© Musées de la Ville de Boulogne-Billancourt.

Sandrine a connu beaucoup de « campagnes photos », plus ou moins originales ! Ce qu’elle en retient, c’est qu’il faut toujours savoir s’adapter à la situation. Un jour du mois de février, il fallait photographier les plafonds peints noirs de Georges Mathieu dans les salons d’honneur de l’Hôtel de ville de Boulogne-Billancourt. La journée était finalement trop ensoleillée et provoquait des reflets sur les clichés, il a fallu tendre un grand drap noir au sol, ce qui l’a rendu très glissant et a occasionné quelques cascades mémorables …

 

Concevoir une visite pour le jeune public

Raoudha est chargée de la médiation pour le jeune public, qu’il vienne dans le cadre scolaire, périscolaire ou individuel. Toute l’année, elle organise des visites-ateliers pour les classes, de la maternelle et du primaire, et pour les centres de loisirs. Elle anime également des activités pour les tout-petits des crèches et propose les dimanches des visites pour les enfants ou les familles.

Pour concevoir une visite, Raoudha parcourt les salles des musées et prend le temps d’observer à nouveau les œuvres exposées. Ainsi, c’est face au Repas chez Simon de Philippe Lejeune que lui est venue l’idée d’une enquête policière. L’attitude figée des personnages a donné à Raoudha l’impression que la femme allongée au sol était morte. Elle a alors imaginé un scénario au cours duquel les participants deviennent des enquêteurs à la recherche d’un meurtrier. D’autres enquêtes sont venues alimenter cette visite en famille, comme celle de la poterie disparue dans le Marché à Fès peint par Yvonne Mariotte en 1937.

  
À gauche : Philippe Lejeune, Le repas chez Simon, 1952 © Adagp, Paris, 2022. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Philippe Fuzeau / à droite : visite de Raoudha au musée des Années 30 - Photo : Sandra Saragoussi.

Avec ce format de visite, les enfants et les parents « s’approprient les tableaux, plongent dans une histoire et découvrent une œuvre avec un autre regard ». À travers le jeu, nous pouvons apprendre et apprécier une œuvre autrement que par sa simple contemplation. Cela brise également l’image du musée comme lieu figé !

L’action et le geste sont ainsi au cœur de la médiation de Raoudha, « le mot a un geste qui permet de se souvenir ». Elle a d’ailleurs pu le constater lorsqu’un enfant de 5 ans est venu au musée avec sa mère et lui a expliqué les différents types de sculpture (ronde-bosse, bas-relief et haut-relief), en répétant les gestes montrés par Raoudha lors d’une visite scolaire à laquelle il avait participé trois mois auparavant !