Sarah Lipska voyage à Meudon et à Poitiers
mercredi 28 janvier 2026
Deux expositions à découvrir sur cette sculptrice, peintre, décoratrice et créatrice de mode
Connaissez-vous Sarah Lipska née à Mława en Pologne en 1882 et morte à Paris en 1973 ? Sculptrice, peintre, cette artiste de grand talent fut aussi décoratrice d’intérieur et créatrice de mode.
Le musée d’art et d’histoire de Meudon du 19 septembre 2025 au 22 février 2026 puis le musée Sainte-Croix de Poitiers du 3 avril au 27 septembre 2026 lui rendent un bel hommage au travers d’une exposition pour laquelle le musée des Années 30 a prêté plusieurs œuvres, dont certaines ont été restaurées pour l’occasion comme le portrait sculpté de cette Vieille femme.

À gauche : Sarah Lipska, Vieille femme et Jeune femme au Musée d'art et d'histoire de Meudon / à droite : Sarah Lipska, Vieille femme, © Sarah Lipska. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Henri Delage
Grâce au travail d’Ewa Ziembińska, docteure en histoire de l’art et conservatrice en chef du musée de la sculpture Xavery Dunikoski à Varsovie, la vie et l’œuvre de Sarah Lipska sont maintenant mieux connus.
Née dans une famille juive polonaise, Sarah Lipska étudie à l’école des Beaux-Arts de Varsovie de 1904 à 1907, puis voyage en Syrie et en Palestine de 1911 à 1912 où elle peint Silhouettes sur la plage. Elle s’établit définitivement à Paris en 1914 et réalise de nombreuses œuvres pour le monde du spectacle, notamment avec le peintre Léon Bakst (1866-1924) pour les ballets russes de Serge Diaghilev. Elle travaille pour des maisons de couture comme celles de Paul Poiret (qu’elle a probablement représenté dans L’homme au chapeau mou) ou la Maison Myrbor et ouvre finalement sa propre maison rue Belloni dans le quartier de Montparnasse en 1924.
À gauche : Sarah Lipska, Silhouettes sur la plage, © Sarah Lipska. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Thierry Ollivier / à droite : L’homme au chapeau mou © Sarah Lipska. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Philippe Fuzeau
Sarah Lipska excelle aussi dans l’ameublement et l’aménagement d’intérieurs comme ceux qu’elle réalise pour son compatriote Antoine Cierpliekowski, dit « Antoine de Paris », célèbre coiffeur et entrepreneur, inventeur de la coupe à la garçonne.
Dans son œuvre, l’oiseau est présent très tôt dans sa carrière. Elle travaille sur un projet de ballet avec le danseur et chorégraphe Serge Lifar (1905-1986) intitulé La Danse des oiseaux dont elle dessine les costumes mais qui ne verra pas le jour. Dans les années 60, elle est proche du prince Paul Murat, président de la ligue française de la protection des oiseaux (aujourd’hui LPO) à laquelle elle adhère.
Le parcours thématique de l’exposition de Meudon met en lumière les multiples facettes de cette femme-artiste qui aimait expérimenter les matières, ciment, verre, pierre artificielle, résine, matériaux par ailleurs d’une grande fragilité qui nécessitent des précautions particulières pour leur transport et leur exposition.
Ces deux expositions complémentaires par les œuvres qu’elles présentent (à Poitiers, seront exposées les œuvres textiles, très peu montrées jusqu’à aujourd’hui) permettent une vraie découverte de cette femme très introduite dans les réseaux parisiens, dont elle se plaît à portraiturer les personnalités influentes comme Helena Rubinstein, à la tête de l’empire cosmétique éponyme ou l’homme politique Anatole de Monzie.
À gauche : Sarah Lipska, Helena Rubinstein exposé au musée d'art et d'histoire de Meudon / à droite : Sarah Lipska, Helena Rubinstein, © Sarah Lipska. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Philippe Fuzeau





