Au musée des Années 30, les arts décoratifs sortent de leur(s) réserve(s) !
vendredi 30 janvier 2026
Réouverture du 4e étage : retour sur une transformation complète
Les étapes d’une transformation d’envergure
Après plusieurs mois de travaux, la section consacrée aux arts décoratifs, au 4e étage du musée des Années 30, rouvre ses portes le dimanche 1er février 2026. Une toute nouvelle scénographie dévoile au public des pièces de mobilier, des sculptures, des objets d’art qui, pour certains, n’avaient encore jamais été montrés au public.
Ce projet a nécessité plusieurs mois de travail et a mobilisé toutes les équipes et corps de métiers des musées et des services techniques de la ville. La réflexion scientifique, l’agencement de l’espace et l’organisation logistique du projet ont constitué les premières étapes de cette transformation pour concevoir le subtil équilibre entre la valorisation des collections, les grands principes de la conservation des œuvres et la qualité de l’expérience proposée au public.

Domaine public / Bobot, Brandt, Gauvenet, Petit © droits réservés / Janniot © Adagp, Paris, 2026. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Alain de Baudus.
S’interroger, lister et … faire des choix
Il était d’abord important de définir les contours du projet : que souhaitait-on raconter, faire découvrir, transmettre au public ? Quelles œuvres retenir pour illustrer le discours et le parcours de visite ?
L’axe privilégié s’est tout naturellement porté vers l’Art déco, ses acteurs majeurs dont l’incontournable ensemblier Jacques-Émile Ruhlmann, ses grandes manifestations culturelles comme l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, ses différents courants et leur diffusion, sans oublier les artistes boulonnais qui se sont illustrés durant cette période dans le domaine de la sculpture et de la céramique.
Les œuvres ont ensuite été sélectionnées en prenant en compte leur pertinence par rapport au propos, leur nature incontournable (les chefs-d’œuvre), leur état (restauration de la lisibilité des pièces les plus altérées), les découvertes fortuites dans les réserves et la nouveauté (récentes acquisitions ou dépôts).
Concevoir la scénographie
La seconde étape a consisté à traduire en éléments scénographiques, le projet scientifique établi, en s’attachant aux exigences spatiales et aux spécificités des arts décoratifs (diversité des formats et des typologies d’œuvres, fragilité des matériaux). Le choix du mobilier scénographique devait également permettre d’éventuelles rotations d’objets à la différence d’une exposition temporaire puisqu’il s’agit ici d’un parcours permanent.

Domaine public / © Raphaël Drouart / © Jules Leleu / Buthaud, Gray, Herbst, Mayodon, Sognot © droits réservés / Adnet, Jourdain, Le Chevallier, Lempicka, Prouvé © Adagp, Paris, 2026. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Alain de Baudus.
Déplacer les œuvres
Le démontage de l’ancienne présentation, qui s’est déroulé sur plusieurs semaines, a donné lieu à des prises de vue photographiques. Pas de place ici pour l’improvisation, cette étape a nécessité l’établissement d’un planning précis, la coordination des différents corps de métier et l’anticipation des mouvements d’œuvres (Meuble au char de Jacques-Émile Ruhlmann). Les pièces pondéreuses ont fait l’objet d’études spécifiques (Grilles d’intérieur de Raymond Subes) : calculs de charge au sol, itinéraires de déplacement, démontage partiel si nécessaire. Les œuvres ont été déposées selon des protocoles stricts (Vitrail de Pierre Petit et Josef Jean Kef Ray), conditionnées et déplacées vers les réserves ou des zones tampon. Cette phase concentre de nombreux mouvements et interventions sur un temps limité, elle a donc requis une grande rigueur d’exécution et la participation de l’ensemble des équipes municipales.

Déplacement du Meuble au char de Jacques-Émile Ruhlmann, installation du Lustre de Pierre Petit et du Vitrail de Pierre Petit et Josef Jean Kef Ray. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo CP.
La scénographie une fois montée, les œuvres ont été réintégrées (Lustrede Pierre Petit) et les équipes de médiation ont alors pris le relais.
De nouvelles formes de médiation pour appréhender les arts décoratifs
Un réaménagement muséographique est en effet l’opportunité de repenser la médiation dans les espaces. Celle-ci a vocation à rendre les collections présentées accessibles à tous les publics, et peut prendre des formes très variées.
Cinq panneaux de salle ont été déployés afin de mettre en avant les thématiques majeures de cette section : la naissance de l’Art déco, l’Art déco moderniste, les décors des paquebots, les sculpteurs et architectes de Boulogne-Billancourt, et l’orfèvrerie, la verrerie et la céramique durant les années 1930. Ces explications permettent de structurer le parcours de visite et de donner des points de repères aux visiteurs.
Les cartels – ces petits écriteaux placés à proximité des œuvres et donnant les informations essentielles – ont également été entièrement revus. Leur nombre, leur position dans l’espace et leur lisibilité ont représenté un enjeu important. Le choix de les placer de façon inclinée s’est rapidement imposée afin d’assurer un confort de lecture. Une réflexion a été menée pour trouver un juste équilibre afin de laisser toute leur place aux œuvres.
De plus, pour renforcer l’aspect immersif du nouveau parcours, plusieurs photographies ou reproductions de papiers peints ont été collées aux murs. Elles ont un but à la fois esthétique et scientifique en montrant les œuvres dans les lieux pour lesquelles elles ont été créées.
Enfin, la médiation numérique a fait son apparition : deux bornes interactives, développées en interne avec l’application PandaSuite, ont été ajoutées pour enrichir l’expérience de visite et permettre d’aller plus loin dans la découverte des œuvres. La première est consacrée à la carrière et aux réalisations de Jacques-Emile Ruhlmann. La seconde borne, destinée à un public familial, propose quant à elle du contenu ludique autour de l’histoire et des décors des paquebots Ile-de-France (1927) et Normandie (1935). La mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs a représenté plusieurs semaines de travail : créer le contenu, sa mise en forme et concevoir l’application. Comme toutes les autres formes de médiation sur place, ces équipements se veulent avant tout accessibles à tous et innovants, avec toujours pour ambition de mettre en lumière le caractère exceptionnel des collections d’arts décoratifs du musée.

Domaine public / © Jules Leleu / © Paule Leleu / Chabert-Dupont, Kaskoff, Lloyd Loom Lusty © droits réservés / Delamarre, Lepape, Sarrabezolles, Subes © Adagp, Paris, 2026. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Alain de Baudus.
Donner au jeune public le goût d’apprendre
L’équipe des médiatrices est toujours enthousiaste à l’idée d’accueillir les enfants au musée. À l’occasion de ce réaménagement, une médiation adaptée a été imaginée pour leur donner envie d’accompagner leurs parents en visite.
Le nouveau parcours se ponctue ainsi de cartels à destination du jeune public, identifiables grâce à des pictogrammes ludiques.
Ces petits textes, au vocabulaire simple mais précis, offrent à l’enfant un moyen de s’informer tout en l’impliquant dans son observation grâce à de courtes interpellations : « Que préfères-tu ? », « Et toi, quelle couleur choisirais-tu ? ».
Quinze œuvres ont été sélectionnées autour d’un fil conducteur : les techniques et les matériaux : ébène de Macassar, ivoire, fer forgé, porcelaine, verre… Avec pour objectif de stimuler sa curiosité à travers une diversité de formes et de sensations : objets petits ou imposants, brillants, mystérieux ou simplement beaux.
Ce projet a été l’occasion de redécouvrir les collections avec un regard neuf, pour s’ouvrir davantage au sensible, au plaisir de voir et d’apprendre autrement.

À gauche : Maurice Gensoli, Canard. © Droits réservés. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Philippe Fuzeau / à droite : pictogramme utilisé pour les cartels jeune public, à partir de l’œuvre d’Élisabeth Branly, Fillette avec un ourson. © Droits réservés.
Le plaisir de la (re)découverte des collections
Après avoir annoncé pendant plusieurs semaines aux visiteurs l'embellissement de la section consacrée aux arts décoratifs, l’équipe d’accueil et de surveillance est impatiente à l'idée de de faire (re)découvrir ces espaces, aux habitués, mais aussi à ceux qui viennent parfois de loin pour voir un ensemble d'oeuvre emblématiques de l’Art déco. « Plus d’espace », « de nouvelles œuvres », « une modernisation », « une ambiance chaleureuse », « des espaces immersifs » ou encore « plus d’explications », nombreuses sont les attentes qui entourent ce projet. Pour l'équipe d'accueil et de surveillance, cette ouverture constitue une « bouffée d’oxygène » qui permettra de voir d’un nouvel œil les riches collections du musée des Années 30.

Louis Süe, André Mare et Luc Lanel, Surtout aux dauphins. Domaine public / Lanel © Droits réservés / Süe © Adagp, Paris, 2026. Musées de la ville de Boulogne-Billancourt - Photo Alain de Baudus.


