Tamara de Lempicka (2006)
jeudi 19 mai 2022
Quand la star de l'Art déco s'expose au musée des Années 30
EXPOSITION PASSÉE
Tamara de Lempicka
30 avril – 16 juillet 2006
Musée des Années 30, espace Landowski, 28 avenue André-Morizet
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Le musée des Années 30 est le premier musée français à organiser en 2006 une exposition rétrospective exclusivement consacrée à Tamara de Lempicka.
Cette rétrospective réunit une cinquantaine de tableaux de l’artiste, accompagnés de nombreux documents photographiques et d’une vidéo. Elle présente également plusieurs accessoires de mode ayant appartenu à la peintre, notamment ses chapeaux. Enfin, son atelier, résolument moderne et élégant, à son image, situé au 7 rue Méchain dans un immeuble conçu par Robert Mallet-Stevens, est reconstitué au sein du parcours.
Contexte :
Née à Varsovie, Tamara de Lempicka (1898-1980) descend d’une famille polonaise aisée. Elle fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg avant de s’installer à Paris en 1918. Véritable icône de son temps et admiratrice des milieux mondains, elle incarne la femme moderne. Fascinée par le l’effervescence des années folles, elle est surtout portraitiste de la haute société dont elle fait partie et témoigne, à travers ses tableaux, de son goût pour la liberté des mœurs. Ses modèles, comme les chanteuses Suzy Solidor ou Marjorie Ferry, incarnent le monde des soirées parisiennes. Son art reflète ainsi l’émancipation croissante des femmes au cours de l’entre-deux-guerres.
Formée dans les ateliers d’André Lhote et de Maurice Denis, elle découvre les principaux courants artistiques de son époque, largement influencés par le cubisme. Elle est fascinée par Jean-Auguste Dominique Ingres et l’érotisme ambigu qui caractérise ses nus féminins. Inspirée par le maniérisme italien, elle réalise des œuvres aux couleurs et aux compositions presque tapageuses et peint des corps voluptueux. Elle reprend le cadrage serré du cinéma hollywoodien et l’imaginaire de la femme fatale qui y est associé. Son style emprunte également l’aspect très graphique des affiches publicitaires. Les corps et les visages sont cernés, détachés du fond et éclairés par une lumière qui rappelle les couvertures de magazines. Ses arrière-plans, plus sombres et diffus, présentent souvent une suite de gratte-ciel, en référence au rêve américain. En combinant ces différentes influences, elle crée un style qui lui est propre.
L’exposition met en avant les thèmes privilégiés par l’artiste au fil de sa carrière. En effet, au milieu des années 1930, elle traverse une période de dépression qui la conduit à peindre plusieurs toiles au thème religieux au sein desquelles s’expriment ses angoisses. Dans les années 1950, après avoir déménagé aux États-Unis, elle se tourne vers la représentation de paysages et de natures mortes. Enfin, elle passe la fin de sa vie au Mexique où elle réalise des toiles plus tendres et gracieuses.
Par le biais de cette rétrospective, le musée des Années 30 met en évidence l’évolution stylistique de Tamara de Lempicka, allant d’une peinture froide et distante à des toiles plus gracieuses et animées, et rend hommage à celle que Bruno Foucart qualifie de “déesse chérie des années 30”.
Commissariat :
Emmanuel Bréon, conservateur en chef du musée des Années 30
Michèle Lefrançois, conservateur au musée des Années 30
Alain Blondel, historien de l’art
Publication :

BLONDEL Alain, BREON Emmanuel, IROLLO Jean-Marc, LEFRANCOIS Michèle, et al., Lempicka, [catalogue d’exposition], Boulogne-Billancourt, Musée des Années 30, 30 avril – 16 juillet 2006, Flammarion.
Quelques œuvres exposées :


